Communiqué de Jaime Marileo suite à sa première sortie de fin de semaine

Publié le par Nicolas

« La prison je ne l’ai pas vécu comme un poids, même si elle m’a valu des dégâts physiques et mentaux à cause des grèves de la faim réalisées en de nombreuses occasions, pourtant être privé de liberté durant toutes ces années n’a pas changé mon idéal, elle a fortifié ma conviction de lutter et de résister à toutes les expressions du capitalisme qui portent atteinte à notre territoire et à notre autodétermination. C’est pour cela que je veux dire à toutes les communautés que nous sommes en alerte parce que ce chemin continu et que nos frères sont disposés à assumer le prix de la prison politique.

D’autre part, notre incarcération avait pour objectif d’affaiblir et de démobiliser les communautés mapuches dans leur processus de récupération de terres, mais malgré les asservissements et la répression démesurée les mapuches aujourd’hui sont conscients que sans terres nous ne pouvons pas survivre.

Pour ce qui concerne la répression, l’état chilien a investit beaucoup d’argent dans les communautés militarisées, pour les carabiniers qui protègent les entreprises forestières, les latifundistes et les témoins protégés. Je demande qu’il se porte responsable pour nos frères mapuche qui aujourd’hui sont prisonniers, en clandestinité et assassinés, comme c’est le cas d’Alex Lemun et Mathias Catrileo. J’exige justice. La société doit se demander: pourquoi nous traitent-ils de terroristes quand dans ce processus historique de récupération de terres n’est mort aucun latifundiste, propriétaire d’entreprises forestières ou carabinier, mais que par contre des mapuches ont été réprimés, violentés et assassinés.

Je somme le gouvernement chilien de rouvrir le procès Poluco Podenco et que tous les mapuches accusés dans la même cause comme Mireya Figueroa et Amable Catrimil soient de nouveau jugés mais sans intervention politique. Comme prisonnier politique mapuche je suis convaincu qu’ils en sortiront absous comme ce fut le cas pour Cariqueo et Colihuinca et comme ce devrait être le cas pour José Llanquileo qui est, lui aussi, l’objet d’un procès irrégulier. Je dénonce face au monde, qu’au chili, s’est crée une loi antiterroriste durant la dictature militaire de Pinochet qui inclue des peines hautement répressives qui sont appliquées implacablement durant ces gouvernements dits démocratiques à des mapuches et des frères qui mettent en question le modèle économique et luttent pour notre territoire.

Enfin, je veux dire que je suis très content de ces sorties de fin de semaine, parce que je suis un prisonnier politique condamné à dix ans et un jour et que je n’ai pu bénéficier des accords pénitentiaires, qui en réalité sont un droit qui m’appartient puisque je suis à la moitié de ma peine. Enfin, je remercie toutes les personnes mapuches et non mapuches qui se sont solidarisées et mobilisées dans cette lutte durant les grèves de la faim.

De plus je lance un appel à tous les peuples pour leur dire que nous continuons à lutter pour ne plus être opprimés. Je me dirige en particulier au peuple mapuche et à ses communautés pour qu’il n’oublie pas son territoire, son autonomie et la liberté de tous les prisonniers politiques mapuches ».

Source : http://www.mapuches.org/bref/bref080325.html
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