Le gouvernement chilien invoque la loi antiterroriste contre les indiens mapuches
DROITS-CHILI:
Le gouvernement chilien invoque la loi antiterroriste contre les indiens mapuches
Pamela Sepúlveda
SANTIAGO, 24 février (IPS) - Le gouvernement chilien de Michelle Bachelet a, pour la première fois, fait usage de la loi antiterroriste pour procéder à l'arrestation d'un militant Mapuche. Cette loi avait été adoptée pendant la dictature d'Augusto Pinochet pour museler les opposants politiques.
Miguel Tapia Huenulef (45 ans) a été arrêté dans la nuit du 11 février chez lui à Santiago devant les membres de sa famille et sous la menace d'armes et d'actes d'intimidations dans le cadre d'une violente opération policière. L'individu est accusé d'avoir provoqué un incendie dans un domaine de San Leandro, près de la ville de Lautaro, à plus de 600 kilomètres au sud de Santiago. Il est également recherché pour son implication présumée dans l'attaque contre un bâtiment public en décembre 2008. Les faits sont liés à la région rurale d'Araucanía, un territoire revendiqué par les militants mapuches comme étant leurs terres traditionnelles.
La police a signalé la découverte d'armes, y compris une mitraillette et deux clips de munitions, en plus de produits servant à la fabrication de bombes et de plusieurs plantes de marihuana.
La famille de l'inculpé ainsi que les organisations mapuches démentent formellement les accusations et estiment qu'ils sont victimes de harcèlement de la part des autorités chiliennes. Ils prétendent que la découverte des armes a été un événement mis en scène visant à incriminer le militant tout simplement parce qu'il s'agirait d'une personne autochtone. « Il s'agit d'une politique visant à réprimer le mouvement social mapuche », a déclaré Enrique Antileo, porte-parole de l'organisation Meli Wixán Mapu.
Loi antiterroriste
Une semaine après son arrestation, la famille Tapia Huenulef n'avait toujours pas pu voir Miguel qui était détenu dans un endroit secret et transféré ensuite vers la région d'Araucanía. Le sous-secrétariat de l'Intérieur et le gouvernement régional ont déclaré à la presse que des poursuites pénales ont été entamées en vertu de la loi antiterroriste. C'est la première fois que le gouvernement de la présidente socialiste Michelle Bachelet invoque la loi antiterroriste contre un Mapuche. Cette loi controversée avait été adoptée pendant la dictature militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990) afin de faire taire les opposants politiques.
La loi antiterroriste est perçue comme l'un des héritages de la dictature et provoque les plus lourdes critiques de la part des organisations indigènes et de défense des droits humains. Au cours des dernières années, l'État chilien a reçu de nombreuses recommandations d'Amnesty International, de l'ODPI ou du Rapporteur spécial des Nations Unies Rodolfo Stavenhagen demandant la révision de la législation par rapport aux exigences du peuple mapuche.
Promesse électorale
« Durant sa campagne électorale, Bachelet a promis que la loi antiterroriste ne sera pas appliquée aux Mapuches », rappelle Rodolfo Valdivia, codirecteur de l'Observatoire des droits des peuples indigènes qui ajoute qu'il existe « une tendance croissante à criminaliser la protestation mapuche en général. Le peuple mapuche, lors de ses protestations, a toujours été réduit au silence grâce à l'utilisation de la force ».
Les indiens du Mapuche revendiquent des territoires avec des droits politiques spécifiques mais, d'après Valdivia, ils ne font pas usage des méthodes terroristes pour atteindre leur objectif. Le pouvoir chilien nie une quelconque poursuite systématique des militants mapuches alors que l'organisation Meli Wixán Mapu recense plus de 40 indigènes incarcérés et environ 500 Mapuches poursuivis depuis le retour du pays à la démocratie en 1990.
D'après les statistiques officielles, le Chili compte environ un million d'autochtones représentant 6,6 % de la population chilienne. 87 % des chiliens autochtones sont des Mapuches.
(FIN/IPS/2009)
Photo : Manifestation pour la libération des prisonniers mapuches.
Source : http://ipsnouvelles.be/news.php?idnews=10197
Le gouvernement chilien invoque la loi antiterroriste contre les indiens mapuches
Pamela Sepúlveda
SANTIAGO, 24 février (IPS) - Le gouvernement chilien de Michelle Bachelet a, pour la première fois, fait usage de la loi antiterroriste pour procéder à l'arrestation d'un militant Mapuche. Cette loi avait été adoptée pendant la dictature d'Augusto Pinochet pour museler les opposants politiques.
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La police a signalé la découverte d'armes, y compris une mitraillette et deux clips de munitions, en plus de produits servant à la fabrication de bombes et de plusieurs plantes de marihuana.
La famille de l'inculpé ainsi que les organisations mapuches démentent formellement les accusations et estiment qu'ils sont victimes de harcèlement de la part des autorités chiliennes. Ils prétendent que la découverte des armes a été un événement mis en scène visant à incriminer le militant tout simplement parce qu'il s'agirait d'une personne autochtone. « Il s'agit d'une politique visant à réprimer le mouvement social mapuche », a déclaré Enrique Antileo, porte-parole de l'organisation Meli Wixán Mapu.
Loi antiterroriste
Une semaine après son arrestation, la famille Tapia Huenulef n'avait toujours pas pu voir Miguel qui était détenu dans un endroit secret et transféré ensuite vers la région d'Araucanía. Le sous-secrétariat de l'Intérieur et le gouvernement régional ont déclaré à la presse que des poursuites pénales ont été entamées en vertu de la loi antiterroriste. C'est la première fois que le gouvernement de la présidente socialiste Michelle Bachelet invoque la loi antiterroriste contre un Mapuche. Cette loi controversée avait été adoptée pendant la dictature militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990) afin de faire taire les opposants politiques.
La loi antiterroriste est perçue comme l'un des héritages de la dictature et provoque les plus lourdes critiques de la part des organisations indigènes et de défense des droits humains. Au cours des dernières années, l'État chilien a reçu de nombreuses recommandations d'Amnesty International, de l'ODPI ou du Rapporteur spécial des Nations Unies Rodolfo Stavenhagen demandant la révision de la législation par rapport aux exigences du peuple mapuche.
Promesse électorale
« Durant sa campagne électorale, Bachelet a promis que la loi antiterroriste ne sera pas appliquée aux Mapuches », rappelle Rodolfo Valdivia, codirecteur de l'Observatoire des droits des peuples indigènes qui ajoute qu'il existe « une tendance croissante à criminaliser la protestation mapuche en général. Le peuple mapuche, lors de ses protestations, a toujours été réduit au silence grâce à l'utilisation de la force ».
Les indiens du Mapuche revendiquent des territoires avec des droits politiques spécifiques mais, d'après Valdivia, ils ne font pas usage des méthodes terroristes pour atteindre leur objectif. Le pouvoir chilien nie une quelconque poursuite systématique des militants mapuches alors que l'organisation Meli Wixán Mapu recense plus de 40 indigènes incarcérés et environ 500 Mapuches poursuivis depuis le retour du pays à la démocratie en 1990.
D'après les statistiques officielles, le Chili compte environ un million d'autochtones représentant 6,6 % de la population chilienne. 87 % des chiliens autochtones sont des Mapuches.
(FIN/IPS/2009)
Photo : Manifestation pour la libération des prisonniers mapuches.
Source : http://ipsnouvelles.be/news.php?idnews=10197
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